dimanche 24 février 2008

Beautiful Dol'


Dolorès avait quinze ans. Elle venait de quitter la maison pendant que sa mère était au téléphone avec son amant. Elle était partie en douce, l’appel de la nuit et de ses excès étant plus fort que tout.

Elle marcha lentement, traînant ses chaussures sur le sol chaud du mois de juillet. Quand elle pénétra dans la salle bondée de corps se trémoussant au rythme des sons pop du moment, tous les regards se tournèrent vers elle. Malgré ses joues de poupée rosies et ses cheveux emmêlés, une perversité insondable émanait d’elle. Elle affrontait chaque regard de son expression mutine et aguicheuse. Chaque esprit croisant la silhouette gracile et confiante ne pouvait que s’échauder après son passage lourd de langueur et de sous-entendus.

Sa robe légère moulait son corps d’adolescente. A chaque froissement de tissu, la température augmentait un peu plus. Un pouvoir de séduction transpirait d’elle, faisant de sa silhouette de nymphette un instrument d’excitation suprême. Une fois sur la piste de danse, le déhanchement gauche des hommes l’entourant se callait instinctivement sur ses ondulations si sensuelles. Les regards rivés sur elle, de même que la fièvre s’emparant de ses partenaires de danse, contribuaient à maintenir sa fougue. Le dos cambré et les mains dans les cheveux, elle se laissait transporter par la musique et se trémoussait, fermant les yeux d’exaltation puis les ouvrant brusquement. Avec assurance elle plantait ses pupilles dans celles du premier individu se trouvant face à elle, homme ou femme, adolescent ou futur parent. Sa sensualité n’avait d’égale que l’immensité de la provocation qui marquait chacun de ses mouvements.

Elle souriait, fière du pouvoir qu’elle était sûre d’avoir, convaincue d’être dotée d’une force rare et impressionnante.

Après plusieurs heures passées à se dandiner, elle s’assit au bar et commanda une limonade qu’elle sirota les yeux dans le vague. Elle savait que prendre un air grave fascinerait un peu plus son public. Elle attendait celui qui tenterait le premier de s’asseoir à côté d’elle afin de faire sa connaissance et de lui offrir un verre.

Ce fut un bel homme qui devait avoir une trentaine d’années selon elle. Comme elle s’y attendait il lui commanda un verre. Un verre d’alcool. Le premier fut léger, ceux qui suivirent de plus en plus forts. Il lui posa quelques questions auxquelles elle répondit approximativement et s’amusa à lui en poser à son tour. Il fit mine de jouer la carte de la pudeur puis se livra à une grande narration, de ses voyages à ses conquêtes de jeunesse. L’alcool aidant, il la faisait rire aux éclats. Son sourire éblouissant l’ensorcelait totalement, si bien qu’il ne pouvait décrocher son regard de l’adolescente.

Elle vacilla de sa chaise, manqua de renverser sa vodka pomme sur le veston de son courtisan. Elle éclata d’un rire sonore et se dandina. Une envie folle de danser la fit reprendre ses esprits, elle attrapa le bras de l’homme bouillonnant. Il se laissa embarquer sur la piste puis se laissa porter par la musique, se collant tout contre Lolita. Elle dansait les yeux fermés, hurlant les paroles d’une chanson en anglais. Il posa son nez dans son cou et respira profondément son parfum fleuri. Il la serra plus fort contre sa poitrine et fit descendre ses mains le long de la robe en coton. Il les posa doucement sur ses fesses puis resserra son étreinte. Dolorès se laissait maintenant conduire par son partenaire, bercée par la musique qui résonnait dans ses oreilles. Il la faisait virevolter, l’entraînant aux sons des notes rythmées. Elle s’accrochait à ses épaules, un constant sourire sur le visage. Il la serrait à l’étouffer mais elle aimait ça. Elle avait l’impression d’être si précieuse à ses yeux. Il glissa une main sous sa robe, lui caressa les cuisses, les fesses. Dolorès frémissante s’abandonnait totalement. Il remonta une main et lui caressa les cheveux. Elle le sentait se frotter contre lui, remarquant une bosse qu’il appuyait fortement sur son bas ventre. Cette constatation lui plu beaucoup. Il relâcha son étreinte, elle se laissa tomber à la renverse. Il se précipita pour la rattraper, la prit dans ses bras et l’emporta avec lui.

Il la déposa délicatement dans sa voiture, comme un trésor fragile et l’emmena chez lui. Elle s’assoupit pendant le trajet. Il la porta jusqu’à la chambre à coucher et l’installa sur le lit. Pendant qu’il sortait deux coupes de champagne, Lo se mit debout sur le lit, tituba et détacha langoureusement les boutons de sa robe qu’elle fit glisser en bas de ses pieds. Elle avait toujours ce sourire indélébile si séduisant. Il fit sauter le bouchon d’une bouteille de champagne et remplit les coupes. Dolorès était maintenant complètement nue. Elle s’approcha de lui et sirota son champagne en le regardant toujours droit dans les yeux. Il éteignit la lumière et s’allongea. Elle se glissa à ses côtés et posa la main sur sa cuisse. Elle la remonta jusqu’au bouton de son pantalon. Il lui releva le menton et appuya sa bouche charnue contre ses lèvres douces. Il vibrait de plaisir. Elle ouvrit la bouche dans un gémissement, il en profita pour y glisser sa langue. Ses mains courraient sur son corps tout entier, il palpait ses seins durs, effleurait ses frêles épaules, son ventre soyeux. Des murmures s’échappaient de sa bouche « Lo, Lola, mon pêcher, mon âme, ma Lolita… Oh Lola, embrasse-moi… Lo... Li…Ta ».

Lolita devint de plus en plus passive, perdant le contrôle de la situation au profit de celui de son partenaire. Il lui embrassa le front, le cou, les seins. Il déboutonna son pantalon, prit la main de Lo et la posa sur son phallus tendu. Elle l’enleva aussitôt. Il écarta alors les cuisses juvéniles. Elle sentit son gland humide contre son sexe. Elle serra les jambes mais il profita de ce mouvement pour enfoncer sa verge dans ses chairs. Une douleur violente la saisit au ventre, elle poussa un cri et se débattit. Il s’affala sur elle, faisant aller et venir son bassin entre ses cuisses tremblantes. Il se releva, caressa ses joues et prononça des paroles apaisantes. Elle se calma mais ne cessa pas de trembler. Il accéléra le mouvement, poussant des grognements dignes d’une bête sauvage. La douleur qui ébranlait Dolorès se faisait de plus en plus lancinante. Elle haleta, des gouttes de sueurs perlaient sur son front.

La tête lui tournait. Elle planta ses ongles dans le dos de l’animal qui la pénétrait sauvagement. Elle s’attendait à être aspirée et disparaître tant cette situation insoutenable la faisait faiblir. Elle suffoquait, se demandant ce qui l’avait conduite ici.

Lui était aux anges. Il possédait enfin ce petit démon provocant. Il allait et venait en elle, se laissant aller vers la jouissance. Il la sentait ployer, son tour était enfin venu de dominer. Il était tellement comblé qu’il remarquait à peine la douleur qu’il lui infligeait. Il avait tant attendu ce moment que seule sa satisfaction comptait. Elle contracta soudain très fort son vagin et donna des coups de reins pour se dégager ce qui amplifia l’excitation du mâle. Dans un tressaillement il éjacula en elle, laissant échapper un cri d’extase. Il se retira et se laissa tomber sur le dos. Lolita tremblotait. Soulagée d’être enfin libérée de cette étreinte insupportable mais traumatisée par ce corps à corps qu’elle avait imaginé tout autrement. Un liquide chaud s’écoula entre ses cuisses. Elle ne bougeait plus, ses forces s’étant comme volatilisées. Elle se tourna simplement de côté, se recroquevillant sur elle-même et resserra ses bras contre elle, une main sur son ventre meurtri. Elle pleura.

Elle venait de comprendre qu’elle avait voulu jouer mais que ce domaine ne se prêtait pas au jeu. Ou qu’en tout cas c’était un jeu bien trop dangereux pour elle. Réaliser qu’elle n’était pas assez solide pour absorber ces chocs là la fit sangloter. Elle qui se pensait si forte, elle qui croyait exceller dans au moins un domaine. La réalité venait de la rattraper.

Il ne suffit pas d’avoir l’allure.

Lolita, sous tes airs de grande, tu n’es encore qu’une enfant.

Texte : Fleur de Vanille


Photo :
Capture du clip Moi... Lolita par Etienne

2 commentaires:

Unknown a dit…

Looooove.

Anonyme a dit…

Conseils tres interessants. A quand la suite?