
Lunettes posées sur mon délicat petit nez, je fais glisser mon short en bas de mes pieds. Le soleil est au rendez-vous, comme chaque jour. Je m’installe, prête à dorer un peu plus ma peau pain d’épice. Postée sur ma serviette, je scrute l’horizon. La mer est belle, calme. Je sors mon Ipod et enfonce les écouteurs blancs dans mes oreilles.
Je me sens vivre. Comme j’aime les vacances. Cette impression de légèreté, de liberté. Je peux enfin tout oublier. J’aimerais que mes vacances ne s’arrêtent jamais.
Le soleil picote ma peau mais c’est une douleur très agréable alors je le laisse faire. J’enfonce mes mains dans le sable chaud, je le fais couler entre mes doigts.
La chaleur devient vraiment insoutenable, je décide d’aller me rafraîchir dans l’eau.
Je me brûle les pieds alors je me mets à courir vers la mer pour me jeter dedans. Je saute par-dessus les vagues et je trébuche. Je m’écroule dans les flots bleu ciel et plonge jusqu’à toucher le sol. Je reste le plus longtemps possible sous l’eau, j’ai l’impression que mes poumons vont exploser. Un coup de talon et je refais surface, inspirant de toute mes forces l’air frais de la Grande-Motte.
Après quelques brasses, je reviens sur la plage. J’évite de justesse le château de sable d’un petit garçon qui penche dangereusement. Il me jette un regard noir. J’esquisse un sourire et accélère le pas redoutant un coup de pelle…
La plage est noire de monde. Je constate qu’une famille s’est installée à quelques mètres de ma serviette. On vient me bousculer dans mon périmètre d’intimité, je n’aime pas beaucoup ça… Je regagne ma place en traînant les pieds. Je me laisse tomber dans un soupir et observe l’activité de la plage. Je daigne enfin jeter un coup d’œil à mes voisins de serviette… Un beau jeune homme brun me regarde avec insistance et me lance un grand sourire. Je suis troublée et je me mets à paniquer. Je sens mes joues s’empourprer. Je me mets moi aussi à sourire bêtement. Je fais mine de chercher ma crème solaire dans mon sac. Je lève les yeux, il n’a pas bougé, ses yeux sont toujours posés sur moi et son sourire m’éblouit encore. J’ai chaud.
Finalement ce n’est pas si mal la proximité. Au diable mes pensées égoïstes ! Il faut se serrer pour que tout le monde ait de la place. Je me lève afin de secouer ma serviette, j’envoie un peu de sable dans la direction du beau jeune homme (sans faire exprès !) et me confonds en excuse. La honte… J’étale ma serviette en la rapprochant un peu de la sienne et m’allonge. J’ose à peine respirer. Ce n’est plus le soleil qui caresse ma peau, c’est son regard. Je le sens chatouiller mes pieds, mes jambes, mon ventre, ma bouche, mon nez… Il va finir par me connaître par cœur !
Une ombre passe au dessus de moi. J’ouvre les yeux. Ma mère range les affaires. Il est déjà l’heure de rentrer, on nous attend au restaurant. Je n’ai pas vu le temps passer. Je me lève à contrecœur, j’enlève mes lunettes et le regarde une dernière fois. Il m’adresse un dernier sourire. Adieu bel inconnu.
Il est neuf heures et je suis déjà sur la plage. Je passe à côté du glacier. Aujourd’hui ce sera vanille-chocolat-noix-de-coco s’il vous plait. Je me brûle les pieds dans le sable, comme d’habitude. Je saute d’un pied sur l’autre en léchant ma glace qui fond à une vitesse incroyable. J’arrive à ma place, celle que j’occupe chaque jour depuis une semaine.
Il est lààà !!! En train de lire un énorme pavé. Je fais semblant de ne pas l’avoir vu et commence mon rituel quotidien : 1. j’étale ma serviette, 2. je m’assois, 3. je sors mon Ipod, 4. je scrute la plage. 5. je m’étale… 4. bis je tourne la tête vers lui. Il m’a vue ! Et voilà un petit sourire. Le premier d’une grande série. Jeu de regard qui dure toute la journée, jusqu’à l’heure des aux revoirs silencieux. Un coup d’œil vers la droite… A demain.
Je ne me suis pas trompée. Il est là. Il me regarde passer. Je me poste sur ma serviette et le jeu recommence. Ca dure depuis une semaine. Toute une semaine remplie uniquement de regards et de sourires. Je n’ai plus peur, je me laisse observer avec docilité. J’y prends un plaisir fou. Demain j’irai peut-être lui parler. Les heures défilent toujours aussi vite. Quand vient l’heure de quitter la plage, je remarque à côté de mon sac un papier plié en quatre. Je le déplie avec agacement. C’est quoi encore ? Je commence à lire et je sens mon cœur se serrer. Mon ventre se noue. Je le relis une deuxième fois :
Bonjour,
Je suis Massimo et je parle Italien.
Je veux te connaitre mais je parle pas bien le français
Je te donne :
Msn :
Téléphone :
Si tu veux me contacté...
Bisous
Ton admirateur de la plage...
Je serre fort le papier dans ma main. J’ai encore ce sourire béat qui s’affiche sur mon visage. Je sais que demain il ne sera plus là. C’était le dernier jour de ses vacances, c’est pour ça qu’il s’est jeté à l’eau. Il m’a laissé un signe, une trace alors j’ai quand même le cœur léger.
Texte : Fleur de Vanille {inspirée des vacances de Cindy}
Photo : Cindy
2 commentaires:
[...]
T'as réussis à me faire pleurer ...
J'sais pas comment tu peux savoir tout ça , tout est vrai du début à la fin ...
Merci beaucoup Ange , ça me touche énormément ...
Gros Bisous
Je t'aime ...
(L)
C'est superbement écrit ! Moi j'dis encore !! encore !!
gros bisous à toi & Cindy !!
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