dimanche 15 juillet 2007

Evasion


Petite Ange est assise sur son nuage, lasse. Elle se penche pour contempler la Terre. C'est gris, embrumé, mouvementé. Comme ses pensées. Elle fredonne une mélodie. Lalalala. Elle pense à sa vie, à ses envies, elle s'ennuie.





Mais soudain elle entend quelqu'un. C'est Petite Do qui s'avance doucement. Timidement.
- Viens, approche ! N'ais pas peur, lui dit Petite Ange. Tu t'es perdue ?
- Non, je m'enfuis.
- Ah bon ?! Tu t'enfuis d'où ?
- De ma vie, de mes pensées.
- Tu sais, ce n'est pas une solution. Fuire la réalité ne fera qu'empirer tes soucis, cela ne les fera pas disparaitre. Au contraire, vouloir t'évader va les faire grossir, grossir, grossir. Et tout sera pire !
Sur ces paroles Petite Do éclate en sanglots. Elle a l'air bouleversé. Petite Ange en est toute contrariée, elle essaie de l'apaiser, de la rassurer mais rien n'y fait.

- Comment vais-je faire alors ? Je voulais m'envoler, pour tout oublier, tout effacer mais tu me dis que c'est impossible. Je suis perdue, ma vie est fichue, rien ne changera jamais.
- Ecoute, il ne faut pas désespérer. Tes soucis ne sont qu'une petite partie de ta vie. Tout le monde a droit au bonheur.
- Non, pas moi. Mon petit coeur est vide, vide, vide. Je voudrais tant le remplir de beaux et grands sentiments. D'amour, de passion, de tendresse, d'amitié... Seulement je crois que je n'y ai pas droit. Et tout cela me rend triste, si triste.
- Mais non voyons ! Le bonheur est dans chaque recoin de ton coeur, les soucis, les ennuis, les états d'esprit tout gris essayent d'envelopper tes jolies pensées. Alors tu ne vois que le mauvais côté, le côté assombri. Pourtant, il y a aussi un côté agréable et tout rose mais si tu reste campée du mauvais côté tu ne t'en apercevras jamais. Ta vie n'est pas foutue, au contraire. Et tu sais pourquoi ? Parce que ton petit coeur bien que tu le crois exclu d'avoir droit au bonheur, est rempli de sentiments. Les sentiments t'aident à aller de l'avant, c'est grâce à eux que tu puises la force de croire que chaque jour est un bonbon différent, délicieux, mais dont on ne se lasse jamais d'apprécier la saveur. Les gens qui laissent parler leur coeur, ces gens là qui connaissent le langage des sentiments, s'en sortent toujours. Car ils savent parler le langage universel de la vie.
Un coeur qui bat en rythme avec ta tête, un coeur qui s'emerveille, un coeur qui est touché par ce que les Autres appellent banalité, c'est un coeur qui vit. Oublie tous ces gens que tu crois heureux. Ils font semblant. Ecoute ton coeur, écoute ce qu'il ressent. Même si aujourd'hui ce qu'il te dit ce n'est pas ce que tu attends, ça ne fait rien, laisse-lui prendre son temps. Le chagrin qui pique dans ton ventre et dans tes yeux, le désarroi qui te laisse cette impression de vide, tu les sens en toi, c'est donc que tu vis. Apprends à les dompter, à les apprivoiser. Quand ils seront calmés, ils s'en iront. Tout vient à point.
- Oh c'est joli. Mais je ne sais pas comment faire partir ce chagrin. Je ne pense pas que le temps suffise. Il doit y avoir un moyen. J'en ai marre de ce vide en moi.
- Qu'est-ce que tu racontes ? Tu n'es pas vide ! Les gens vides sont les gens qui ne ressentent rien, les gens fades, individualistes et aigris. Toi tu as une âme noble, tu es à fleur de peau, tu es pleine de sensibilité. Alors tu es tout sauf vide.
- D'accord, j'ai des sentiments qui sont preuve que je vis, mais c'est quoi ma vie ? Mes sentiments sont ceux qu'on ressent en présence du Rien. Le Rien je le hais. Tout est sa faute !
- Le Rien c'est aussi celui qui donne de l'intérêt à chaque jour que Dieu fait. Imagine-toi avec Tout. Ce serait horrible. C'est parce que Rien est à tes côtés que ta tête s'emplie de rêves et de pensées d'avenir.
- Mais alors qu'est-ce que je dois faire ?
- Apprends à t'écouter, tout simplement. Tu verras, ça ira beaucoup mieux. Mais attention, j'ai dit "t'écouter", pas "te lamenter". C'est différent.
- Je crois que j'ai compris...
- Alors c'est l'essentiel.
- Comment fais-tu pour savoir si bien ce qui me convient ? C'est étonnant.
- C'est peut-être parce que, moi aussi, je souffre dedans...

Texte : Fleur de Vanille {écrit pour Doriane en mai 2oo6}

Photo : ?

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Vraiment sublime ...

Bisous

Anonyme a dit…

Ton texte m'a inspiré un poème!;)
T'écris vraiment super bien!!!
Bravo à toi!!!
Big kiss!